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jeudi 27 juillet 2017

The OA, la montagne qui accouche d’une (jolie) souris





Netflix annonçait une série qui révolutionne la notion de récit long. Pas mal, mais il ne faudrait pas non plus s’emballer…


Alors, cette révolution narrative ?


The OA c’est quoi ? C’est l’histoire d’une fille aveugle qui a disparu, et qui débarque de nulle part 7 ans après, en ayant retrouvé la vue et investie selon elle d’une mission divine. Miracle, mythomanie, consommation excessive de LSD ? Toutes les theories sont permises...
La série se structure autour de deux histoires entremêlées, l’une au présent, l’autre au passé, la seconde racontée dans le temps présent par un personnage qui l’a vécu. Astuce, on comprend au 7ème épisode que le personnage raconte autant l’histoire à ses camarades qu’au spectateur.


Quoi de neuf là-dedans ? Absolument rien, et surtout pas ce dispositif de narration à la première personne, dont on peut donc douter de la véracité, qui s’insère dans une narration omnisciente classique, qui est très exactement la structure de Usual Suspects pour ne citer qu'un exemple récent. Le fameux regard caméra adressé au spectateur, dans le  7ème épisode, aurait lui aussi un vague aspect de nouveauté, si Netflix ne l’avait déjà usé jusqu’à la corde dans les derniers épisodes des saisons 4 puis 5 de House of Cards, à chaque fois que Claire Underwood s’adresse au spectateur.


L'originalité, et encore, de The OA, c’est sa façon de poser un questionnement sur la croyance en general et sur la croyance au récit en particulier. En tant que spectateur, comme devant tout œuvre de fiction, on accepte comme acquis les éléments fantastiques, selon le principe de suspension volontaire du jugement, mais ici la série donne aussi au spectateur des raisons légitimes de douter de la véracité du recit de son héroïne Prairie (un bon nom de merde, soit dit en passant). Pour les personnages de la série, la question est la même, mais se double d’une autre interrogation : le récit leur a clairement apporté quelquechose, une force, une confiance en soi ou en les autres, peut-être une forme de redemption... Alors, même si Prairie ment, pourquoi ne pas la suivre ?


Tout ça a l'air très chic et intello, mais, là non plus, on ne peut pas vraiment dire que Netflix innove. C'est en fait le questionnement le moins moderne du monde. Les textes religieux, la Bible en tête, reposent déjà majoritairement sur cette notion de la parabole, de l’histoire qui, même inventée, permet de rendre l’homme meilleur. The OA ne fait donc que broder sur un thème archi-classique, avec une forme elle-aussi éprouvée.


Mais comme c'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe, la série fonctionne, dans son imagerie et sa curieuse mélancolie comme dans son rythme qui donne clairement envie de voir l’épisode suivant.


A défaut d’être révolutionnaire, c’est au moins solidement écrit


L’écriture ménage une forme de fascination pour le personnage principal, mythomane géniale ou ange venu du ciel, en laissant chacun, personnage comme spectateur, libre de sa propre interprétation. Elle véhicule également une sincère tendresse envers ses personnages, tous perdus dans leur recherche d'une vie sinon meilleure, au moins différente.


Elle ne manque cela dit pas non plus de maladresses formelles, comme le fameux « mouvement » qu’apprennent les personnages, l'un des themes centraux de la série. D’un peu ridicule aux premières images, ce thème finit par basculer dans le grotesque voire l'indigne dans le dernier episode, qui traite avec une légèreté franchement dérangeante la question des fusillades dans les écoles, ici aimable artifice de scénario.


Malgré tout, avec sa fin ouverte à l’interprétation de chacun, les croyants comme les sceptiques, The OA garde sons supsens et son intérêt jusqu’au dernier plan. Pas mal, mais il reste maintenant à savoir si la série, renouvelée pour une seconde saison, saura rester sur cette très fine ligne de crête et conserver l’ambiguïté qui est son moteur. Si la saison deux offre un début de réponse fantastique, elle prend le risque debasculer dans un mélange bancal entre Fringe et 1Q84, sinon, elle prend le risqué de lasser...
C'est ballot, The OA aurait certainement pu acquérir un statut culte auprès de son public, en s'arrêtant ici sans répondre. Une solution qui aurait permis de masquer qu'elle n'a au fond déjà plus rien à dire...


La minute cinéphile : On retrouve Jason Isaacs, Lucius Malefoy dans les Harry Potter, dans le rôle archi-stéréotypé du savant psychopathe. Pas d'une folle originalité mais ça marche. Comme tout le reste de The OA, qui ne prend quasiment aucun risque sur quoi que ce soit.


La minute geek : Evidemment que la mère de Prairie a un agenda caché ! Sous ses airs bonnasses et ses fringues Quechua, Alice Krige ne trompe personne et tout le monde aura reconnu la reine des Borgs de l’univers Star Trek.



mercredi 28 décembre 2016

Rogue One: le réveil des sans-grades





Le genre : La guerre ? C'est une chose trop grave pour être confiée à des Jedis

Que ça fait du bien un Star Wars sans Jedi ! Sans ces hommes providentiels sentencieux et convaincus de la justesse de leurs actions, non pas au nom de la morale ou (surtout pas) du droit, mais du fait même de leur qualité de Jedi.


Que ça fait du bien aussi de voir que, pour une fois dans l’existence des Star Wars, le destin entier de la galaxie n'est pas de servir de chair à canon à ion dans le énième conflit générationnel de la famille Le Pen des étoiles. Qu'il est en fait possible d'écrire un film qui ne repose pas sur l’indépassable rivalité entre prolétaire des sables et « fils de » méchu, dualité qui construit entièrement les duos Anakin/Padme, Luke/Leia puis Rey/Kylo Ren.

Bad people in a bad place

Rogue One marque à ce titre un double tournant dans la franchise, dans la mesure où c’est à la fois le premier Star Wars à hauteur d’homme et le premier qui se dote d’un enjeu dramatique intéressant. N’étant pas issus des illustres lignées Skywalker/Amidala/Solo, les héros sont ici mortels, et vont certainement mourir, eux. Certainement pas au cours d'un duel shakespearien mais plutôt anonymement.

Pour chacun, la question est plutôt de savoir au nom de quoi ils vont mourir. Ce n’est pas une histoire de destin mais une histoire de choix, de circonstances, de vies ratées, d’ambitions frustrées  et, surtout, de colère, un truc pas du tout Jedi. Somme toute une histoire très humaine.

Chacun à un (mauvais) motif pour se battre et se fout éperdument des motivations de son camp et de sa « cause ». C’est valable tant du côté de Krennic, un administrateur civil qui souhaite briller dans un univers militariste, que de celui de Cassian Andor, qui se bat par vengeance et parce qu’il ne connaît que la violence, ou de celui Saw Guerrera, pour qui la rebellion est le vernis d'une violence très radicale.
Même le seul suivant de la Force, Chirrut, n’est pas un Jedi et ne tient pas ses compétences de la Force en soi, mais de l’acuité de ses sens, ce que montre clairement (avec un effet bien clichouillle) la construction de sa première scène de combat. Semi-clodo, il embrasse cette cause, animé par la volonté pathologique d’être, enfin, distingué par cette Force en laquelle il croit mais qui n’a toujours fait de lui qu’un larbin. Il mourra comme les autres, ni plus bêtement, ni plus héroïquement, abattu dans la mêlée.

La guerre, toujours la guerre

En adoptant le point de vue de ceux qui meurent dans la boue, Rogue One sort de l’angélisme et du manichéisme basique des Star Wars pour offrir une vision plus nuancée et poser, entre autres, la question de la légitimité des actions de l'Alliance, notamment les assassinats et exécutions sommaires de civils. L'Empire se dote lui aussi d'une ligne politique plus complexe, justifiant l'emploi d'une arme de destruction massive comme moyen ultime de finir cette guerre et donc de sauver des vies, un des éléments de la doctrine US qui a justifié le bombardement d'Hiroshima.
Par une myriade de plans, de bribes de dialogues, de positions physiques des acteurs et de cris de douleur, le film redonne aussi leur humanité aux Stormtroopers, soldats aussi paumés que les rebelles, pas précisément présentés comme des grands humanistes, Cassian en tête. Les héros de Rogue One, ce sont tous ceux qui meurent sans se poser de question, et pour une fois pas ceux qui envoient des flottes au combat pour régler une bataille personnelle.
Rogue One traite d'ailleurs les batailles comme un film de guerre, caméra à l’épaule, pour des scènes à la fois maitrisées et brouillons, héroïques et dérisoires, dans la fumée, le sang et la sueur. A Jedha ou Scarif, ce n'est pas le combat des forces du bien et du mal, c’est tout simplement une guerre qui se livre avec des dizaines, des centaines de morts chaque jour. Un thème en général joyeusement évité par la saga qui a toujours opté pour les droïdes, clones et combats spatiaux pour déshumaniser la guerre.

En bref

Longuet dans son exposition, mais dégagé de ses ncombrants héros Jedis, Rogue One est efficace visuellement, sale comme la guerre qu’il décrit et quasiment tragique au sens grec, avec sa bande de héros qui pensent sérieusement à 5 changer la galaxie et s’en sortir. Pour moi le seul film de l’univers Star Wars récent réussi narrativement. 


Du point de vue de la continuité, Rogue One insère habilement ses losers magnifiques et anonymes, en finissant son histoire quelques heures avant le début de Star Wars IV, ce qui permet des apparitions fugaces de Leia (jolie insertion digitale d'une Carrie Fisher jeune et de Peter Cushing) et surtout d’un Vador bad ass classique, où l'on retrouve la puissance évocatrice du tout premier Star Wars quand on entend juste ses pas dans l'obscurité, puis sa respiration, avant de le découvrir éclairé par son sabre (sa scène de dialogue, en revanche, longuette et peu fidèle au personnage, n’apporte pas grand-chose au film).


Sans en abuser, les Star Wars stories semblent être un filon à creuser dans un univers riche de possibilités plus intéressantes que la soupe pompeuse et sans originalité servie sans complexe depuis 5 films.

La minute geek : au fond, c’est logique que ce film-là me plaise, puisque c’est le pendant ciné du jeu vidéo Star Wars Battlefront, le premier à offrir d'être un troufion lambda, blaster à la main dans le chaos de la guerre et impuissant face aux Jedis et aux machines de guerre. Et si je trouve que le dernier Battlefront est un affreusement décevant, Battlefront II reste le jeu auxquel j’ai joué le plus pour le pur et simple fun.

La minute sériephile : Alan Tudyk, qui joue le C3PO de service dont le nom m’échappe (K9B6 ? X7T4 ? On s’en fout…) est évidemment de pilote du Serenity dans la série culte Firefly, qu’on ne mentionne jamais assez. Une idée absurdement réussie de traiter littéralement l’espace comme un nouveau Far West et un condensé remarquable de l’univers de Whedon.


*****
Ceci étant dit, prenons un peu de hauteur

Pourquoi Star Wars déteste-t-il autant la démocratie ?

La mission des héros malgré eux de ce film n’a pas l’aval des autorités rebelles élues, d’où le titre. Elle s’avère efficace et justifiée a posteriori, mais n'en reste pas moins illégitime. Encore un Star Wars qui s’appuie cette idée lancinante et bien ancrée depuis la seconde trilogie que la démocratie est un truc de lavette qui ne permet pas d'accomplir quoi que ce soit.

Si l’on suit la chronologie des faits, la République n’a pas su enrayer la montée de l’Empire, parce qu’au fond, il fallait péter physiquement la gueule de Palpatine, pas le combattre politiquement. Elle ne doit ensuite sa brève survie qu’à la commande en scred par un Jedi d’une armée entière sans aval du Sénat.


Puis la volonté de recherche d'un consensus entre les leaders rebelles conduit à l’inaction donc à la mort dans Rogue One. Et après leur éphémère victoire de Star Wars VI, les rebelles, ces affreux gauchistes bavards, se refont péter la gueule par un Second Ordre moins porté sur la discussion que sur l’action lourdement armée dans le VII. Et à chaque fois que les rebelles s’en sortent, c’est bien parce qu’un homme providentiel, poussé par une revelation religieuse, a relevé ses manches pour agir par la violence.

Je ne pense pas que Star Wars, en tant que tel, véhicule un message politique quel qu’il soit. Mais je constate que le film, cette fois-ci encore,  s’inscrit parfaitement dans la mystique américaine, et maintenant mondiale, du surhomme qui méprise la politique et « does the right thing », celui qui pose ses couilles sur la table et ne bavasse pas, de Jack Ryan à Frank Underwood, de Batman à Jack Bauer, voire à la reine Elizabeth dans The Crown 

Je ne sais pas lequel est la poule et lequel est l’œuf, entre cette culture populaire infusée par le concept de l’inefficacité foncière de la politique et la montée du scepticisme quant à la valeur de la démocratie.  Mais il serait peut-être temps que les grands producteurs de contenus massivement regardés se demandent, plus que les médias d’information, quel rôle ils jouent dans la construction de l'opinion.

vendredi 8 juillet 2016

Game of Thrones Saison 6 : L'échappée belle



Attention, cette critique est, comme toujours, bouffie de spoilers.

Et ben voilà ! C’est pas compliqué de faire une bonne saison de Game of Thrones, et c’est franchement bienvenu, après deux saisons très décevantes dans leur rythme comme dans leurs intrigues. Le regain d’intérêt et de qualité de la saison 6 est clairement lié à la liberté qu’ont retrouvée ses créateurs par rapport au matériau original. Maintenant que la série n’a plus les mains liées par le rythme d’écriture de George, elle a enfin repris son rythme et son souffle, car elle sait de nouveau dans quelle direction elle va.

Ce qui se ressent très clairement tout au long d’une saison qui retrouve une unité que les saisons 4 et 5 avaient perdu. Cette saison, toutes les intrigues sont enfin de nouveaux liées, sinon à un enjeu principal (il y en deux), au moins à un thème central, celui de la naissance comme légitimité du pouvoir. C’est le thème qui réunit Daenerys, Jon Snow et Cersei : cette infatigable croyance qui les anime tous les trois, et qu’aucun ne remet jamais en question, à savoir que le pouvoir leur est dû de naissance, y compris si l’on est une femme.
Dis moi comment tu es devenu roi, je te dirai qui tu es

Chacun des trois va au cours de la saison développer trois approches différentes de cette conception qu’il partage. Daenerys incarne, littéralement le pouvoir, et ne perçoit d’ailleurs son corps et ses sentiments que comme adjuvants de sa fonction, comme elle l’explique. Elle se mariera uniquement pour souder ses alliances, comme elle l’avait fait avec Drogho. Daenerys estime que le pouvoir lui est dû, mais elle y sacrifie tout, par sens de sa mission. Haineuse des Maîtres, mais estimant avoir le droit, de naissance, de régner et de décider du sort des hommes libres, Daenerys c’est une conception de droit divin du pouvoir, animée d’une volonté de progrès.

A l’inverse du spectre, Cersei recherche une forme de pouvoir absolu pour se défendre du destin, tout en étant persuadée qu’elle ne peut y échapper.  Son personnage évolue vers une folie de plus en plus médéenne, qui cherche le pouvoir non pour régner sur mais contre le monde. En ne faisant du pouvoir que l’instrument de sa défense, sans autre considération, elle sème le chaos et précipite la mort de son 3ème enfant, qu’elle prétendait protéger. Négatif de Daenerys, elle estime que sa situation personnelle, en tant que femme et en tant que Lannister, justifie son règne, puisque le monde n’a pas d’importance, comme elle le dit à Jaime. 

Il y a enfin Jon, qui se sait mauvais leader, assassiné par ses propres hommes, mauvais politique et mauvais tacticien, comme la réalisation paniquée de l’épisode 9 le prouve magistralement (très réussie, soit dit en passant). Son pathétique plaidoyer d’avant bataille montre bien toute son arrogance, c’est sur un succès passé qu’il fonde sa légitimité, quelles que soient les circonstances présentes. Mais il s’en fout, c’est un Stark, même bâtard, et un homme. Et il n’a même pas un mouvement de gêne quand il est acclamé roi à la place de sa sœur, à qui il vient d’admettre qu’elle avait tout compris contrairement à lui. Jon ne veut pas le pouvoir en soi, mais estime toujours qu'il le mérite malgré tout. 
Le pouvoir héréditaire vécu comme une responsabilité envers les autres, comme une arme ou comme une récompense. Malgré son côté fantastique, la série, en explorant ces thèmes, présente une réflexion au fond de plus en plus aboutie sur la nature et la légitimation du pouvoir. En cela elle finit par rejoindre en qualité Battlestar Galactica, même si elle pose un questionnement plus général que Galactica, qui s'interrogeait avant tout sur la légitimité de la démocratie face à une crise majeure.

Quasiment tout le reste de la saison se rattache à ces questions d’une façon ou d’une autre de l’implacable badass Lady Mormont et sa rhétorique très franche et si proche de celle d’Olenna Tyrell, à la montée en puissance de Asha Greyjoy, qui se comporte en homme, même au lit (je trouve qu'un faire une lesbienne butch est un peu lourdaud, soit dit en passant).

Même des intrigues secondaires, comme l’histoire qui pourrait se dessiner entre Brienne et Jaime, se teintent d’une mélancolie de ceux qui se sentent destinés non à régner mais à servir, malgré leurs aspirations et leurs désirs, Tyrion et Jorah les premiers.
1 episode,1 chapitre

En sortant du rythme de Martin, la série a également cassé sa structure narrative habituelle, ce qui était plus que nécessaire. Un rythme mieux réparti sur la saison, avec des révélations et actions déterminantes tout du long, sans trop de longueurs aux épisodes 5,6 et7, habituellement épouvantablement vides, pour préparer le final. 
Et cette année, si le final épique attendu est bien dans l’épisode 9, l’épisode 10 le dépasse largement en folie et en surprise. Ne serait-ce que par sa rupture musicale avec ce thème au piano pendant que le plan de Cersei se met inexorablement en place.

Ce dernier épisode se conclut par quelques regards éloquents. Celui que Jamie lance à Cersei, ceux qu’échangent Littlefinger et Sansa pendant le couronnement de Jon… Tous ces regards des personnages qui comprennent qu’ils ont misé sur le mauvais cheval et que rien ne peut changer s’ils ne reprennent pas les choses en main. 

Ce renversement du fort et du bien né par le plus habile au pouvoir, y compris les mal nés des grandes familles, Tyrion et les femmes, ce serait probablement le plus intéressant des basculements de la série : la montée en grade de ceux qui vont peut-être enfin prendre le pouvoir non parce qu’ils estiment qu’ils y ont droit, mais parce qu’ils sentent qu’il est juste de le prendre non pour soi mais pour les autres.

Un petit bémol tout de même : l’histoire d’Arya est quand même férocement incohérente. Que les Sans Visages la laissent repartir comme ça, après le meurtre d’un des leurs me semble à peu près aussi réaliste que Daesh qui laisse repartir ses recrues qui trouvent que, toute compte fait, Raqqa c’est un peu la zone. Le premier meurtre d'Arya est d'ailleurs une totale violation des préceptes du culte (à savoir ne jamais tuer par haine ou pour un gain personnel). Ils sont donc quand même bien arrangeants avec elle.
Si Arya est bien vivante, alors dans ce cas, ce show nous a fait nous réjouir qu’une fillette de 14 ans n’ait fait manger ses propres fils à un homme avant de l’égorger. Ce qui est un peu inquiétant du point de vue de la santé mentale, la sienne et la nôtre. Je rappelle à toutes fins utiles que c’est précisément cet acte qui a amené la malédiction sur la familles des Atrides, ce qui, dans une série aussi portée par le symbolisme et les mythes classique, n’est pas vraiment anodin et pas précisément bon signe pour les derniers Starks.

Il y en a en revanche une deuxième option que je trouve plus séduisante et plus cohérente, c’est l’idée selon laquelle Arya est morte, puisque la lumière opportunément éteinte avant le combat ne permet pas foncièrement de se prononcer sur qui a tué qui, pas plus que le masque sanglant (dont les yeux saignent, ce qui symboliquement marque plus Arya que son adversaire). 
Quand l'homme sans visage dit qu'elle est enfin devenue personne, il s'adresserait donc plutôt à l'autre assassine qui, en tuant Arya et en devenant Arya a fini son initiation et part pour sa première mission.
 Dans ce cas, il est envisageable que les Sans Visages aient décidé de rayer un nom de la liste d'Arya, selon leur règle d'une vie pour une vie, ce qui est une peu plus cohérent par rapport à leur philosophie. Ou simplement qu'ils aient rempli un contrat sur Frey, éventuellement lancé par Jaime qui n'a pas dissimulé son mépris pour Frey, et qui, rappellons-le, est blindé. En le collant sur le dos d'Arya pour se dissimuler, ce qui est là aussi plus cohérent avec ce qu'on sait de leurs méthodes.
Ah si, un deuxième petit bémol : je suppose que la mort de Rickon Stark aurait pu être un moment d’émotion, si les 4 saisons précédentes ne nous avaient pas totalement fait oublier son existence. 

mardi 14 juin 2016

Warcraft, injustement boudé par la bien-pensance cannoise

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Le genre : fresque écologique désespérée


Warcraft, c’est avant tout l’un des plus tristes naufrages marketing de ces dernières années. Un film au contenu politique très fort, qui méritait un traitement à Cannes, pour sa poésie sombre, et que l’on a marketé uniquement pour les fans. Une occasion ratée.


Au cœur de Warcraft, un constat poignant sur l’avenir bouché de nos sociétés face à la menace du réchauffement climatique, doublée d’une interrogation passionnante sur la capacité réelle des régimes actuels à traiter l’urgence écologique, une question de fond, par les outils classiques de la politique.


Le film s’ouvre par une scène d’intimité familiale touchante, qui servira de contrepoint permanent, de point de référence d’un monde souhaitable et responsable. Sous l’apparence d’un film de fantasy, le scénario de Warcraft s’appuie en effet sur une métaphore filée, qui structure solidement son propos. La Horde des orcs a ravagé son monde, poussée par le Fel, cette « magie qui se nourrit de la vie », miroir critique évident des sociétés qui sacrifient leur avenir à une vision court-termiste de l’utilisation de nos ressources.


Sur ce constat sur l’urgence écologique, le film suit cette Horde hébétée, en manque de repères et menée par un leader infusé (littéralement) par cette idéologie. Elle se confronte à Azeroth, une société de paysannerie classique, dont la prospérité repose sur l’agriculture raisonnée.


Mais le film contourne habilement l’écueil d’une vision simpliste d’Azeroth comme un idéal perdu, qui pourrait ouvrir la porte à une condamnation de la démocratie. De fait, sous le royaume d’Azeroth, ce que Warcraft dénonce, c’est également le pourrissement du cœur des institutions de supervision technocratique d’Azeroth,  représentée par le Gardien. Contaminé lui aussi par le Fel, ce gardien s’impose au pouvoir local, dénonçant par là non la légitimité du pouvoir en soi, mais bien l’imposition de normes au pouvoir par des organismes dont le mandat et le processus de nomination sont pour le moins opaques, OMC et Commission Européenne en tête.


Quelle forme pour la contestation écologique aujourd’hui ?


Tout l’enjeu du film devient alors de voir comment une poignée de citoyens et de dirigeants politiques vont pouvoir créer un sursaut citoyen et une alliance avec ces migrants, face aux déchaînements de violence des deux camps, rappel malheureux des émeutes allemandes sur fond de crise migratoire.


Ce thème de l’alliance, de l’acceptation de la différence, ouvre une série de scènes passionnantes sur le besoin de consensus malgré les différences culturelles, tout en concluant à la difficulté de trouver ce compromis, un réalisme que refuse encore trop souvent le cinéma contemporain.


Tout autant le roi Llanne que le chef de clan Durotan comprennent d'ailleurs la nécessité de leur sacrifice politique pour créer un mouvement d’ampleur et bousculer les cadres classiques de leur société. C’est peut-être là d’une des limites du propos, tant les élites politiques occidentales semblent aujourd’hui bloquées dans des logiques de parti et incapables de ce sacrifice. Pourtant, le scénario se montre par la suite à la hauteur, en montrant bien les limites des deux voies politiques alors ouvertes.


D’un côté, les humains, elfes et nains, dans une scène subtile, tout en regards échangés, démontrent largement la limite d’un pouvoir qui accepte une Alliance qu’il désapprouve, par calcul politique et sous la pression d’un peuple qui reprend peu à peu sa légitimité. De l’autre côté du spectre, Garona et Durotan sont tentés par le repli sur soi et l’appui sur la tradition religieuse, seule à même de basculer l’échiquier. L’une comme l’autre rachète une paix sociale dans chacun des camps, mais dont aucun leader politique n’est dupe de la faible valeur.


Une nécessaire alliance populaire solidaire et internationale sur la base de la démocratie participative


La menace est provisoirement écartée, au profit d’un équilibre instable entre une nouvelle théocratie et un pouvoir démocratique fragile et redouté par son propre establishment politique. La faible implication du Kirin Tor, le corps international des mages, démontre d’ailleurs l’incapacité des organismes internationaux à poser les bases d’une réconciliation qui ne peut que s’appuyer sur les peuples et non sur les élites, un thème du metissage qui parcourt le film.


La conclusion désespérée, c’est pourtant bien que cette réconciliation ne peut se faire qu’au prix d’une guerre longue, qui sera porté par Thrall, le bébé orc vert, si celui-ci accepte son rôle de leader conciliateur. Mais cette position impliquera de se défaire de son bagage idéologique symbolisé par la couleur verte de sa peau, rappel du Fel, et denunciation de l'acceptation du système que nous impose l'éducation et le cadre normatif social.


Dans cette pirouette finale, par un parallélisme avec le berceau de Moïse, Warcraft ouvre une dernière réflexion qui me semble aujourd’hui plus que jamais salutaire sur la place qu’ont eu les religions dans la mise en place d’un système foncièrement inégalitaire et obsédée par sa croissance, sans réflexion de long terme sur les ressources. Le propos renforce ainsi le constat irrévérencieux  fait par Orgrimm le Marteau du Destin sur le fait que les dieux se soucient plus de leur statues que des morts nécessaires pour les élever.


Un film sombre et radical, servi par une réalisation fluide et classique, qui ne fait que souligner la noirceur de son propos. Peut-être le moment de lucidité dont nos intellectuels auraient bien besoin. Certainement plus que les arguties trompeuses de ce faiseur d’Asghar Farhadi.


Plus sérieusement : franchement, Warcraft n’est pas plus mauvais que beaucoup d’autres action movies, et se trouve curieusement servi par son manque d’ambition total. Pépère dans le déroulement de son histoire sans surprises et dénué de toute tentative d’innovation visuelle, le film évite même l’écueil de l’auto-parodie. Ça se regarde gentiment.


Il est même plus subtil que le dernier Star Wars dans ses clins d’œil, discrets, aux fans, ce qui, certes, n’était pas trop dur, vu la subtilité de 33 tonnes de Star Wars. La musique, en revanche, qui est un élément culte de Warcraft, est tristement plate. Bref, pas vraiment réussi, pas bon non plus, mais je m’attendais à franchement pire.   


La minute sériephile : pauvre Ben Foster, le meilleur ami bi de Claire Fisher dans 6 Feet Under, un joli rôle tourmenté, qui échoue là, dans ce casting de 14ème zone. Au moins, lui n’a pas dû jouer avec un dentier comme Paula Patton, dont l’élocution dans le film est, pour le moins, embarrassée. Ce qui n’est pas trop grave vu la qualité générale des dialogues.

mardi 28 octobre 2014

Mommy



Larmes dans les chaumières, version chic.

Le genre : confessions intimes flamboyant

Puisque j’arrive après la bataille, pas besoin de résumer le sujet de Mommy. C’est l’histoire d’une guerre perdue, d’une mère qui est impuissante face à la maladie de son fils, malgré l’amour qui existe entre les deux. Sauf que ça, Dolan refuse de l’admettre alors que son film le suggère très fortement dès le début. Il prend donc une longue tangente un peu étrange sur la victoire face à la maladie, qui finit par affaiblir son (beau) film.

Dire de Xavier Dolan que c’est un réalisateur talentueux, c’est à la fois tout dire et ne rien dire. Parler de l’émotion, qui est le moteur de son film, c’est une tarte à la crème et ce n’est pas un angle d’analyse. Mais je pense que ne parler du film que par l'émotion qu'il suscite est une erreur, même si je trouve sincèrement que Dolan s’améliore, s’affirme et grandit à chacun de ses films. 

Tout Mommy repose sur la violence des sentiments de ses personnages. La violence de Steve, l’ado gravement hyperactif, violence née de sa frustration, mais aussi la violence de l’amour que lui porte sa mère et la violence du déni de la douleur de Kyla leur voisine. Et toute cette violence combinée, forcément, c’est explosif, et pour le spectateur, ça prend aux tripes. Mais c’est justement le principal reproche que je fais au film, c’est de s’être uniquement concentré sur cette volonté de faire exploser les émotions au visage du spectateur, au mépris de l’histoire qu'il voulait raconter.

Du point de vue du spectateur, comment ne pas comprendre le choix final de la mère, quand, le premier matin de leur réunion, son fils a tenté de la tuer dans un accès de rage ? C’est tout le problème de Mommy, de vouloir exposer et analyser des émotions qui n’ont pas lieu d’être, tant la situation présentée est extrême. De ce point de vue, le film ne fait que s’étirer dans une fausse direction assumée pour atteindre une conclusion attendue, car annoncée dès le cartouche de début du film.

On pourra insister autant qu’on veut sur l’incroyable performance des trois acteurs, notamment le jeune Antoine Olivier Pilon, arrogant et terrorisé par l’absence de contrôle, sur les idées de Dolan en matière de réalisation, notamment les changements de format, il n’en reste pas moins que je ne comprends pas où il veut en venir dans la moitié des scènes, même si je les apprécie isolément.

Le montage sur la vie que pourrait avoir Steve, par exemple, est un magnifique moment d’image, mais quel est son rôle narratif ou dramatique aussi tard dans le film ? Nous annoncer que sa mère comprend, seulement à ce moment, et à regret, tout ce qu’il ne sera pas ? Non, c’est absurde, sa défaite est déjà consommée, elle a déjà renoncé et ce regret est déjà enterré. Dans ce dernier road-trip, elle ne peut à la rigueur se tourner que vers ce qu’il a été, vers le souvenir du bonheur fragile de son enfance, bonheur évoqué mais absent du film.

Tout comme Tom à la ferme, malgré sa grande beauté formelle, ne parvenait pas à être un être un bon polar, Mommy manque pour moi d’une solidité de construction pour être le mélo assumé qu’il voudrait être. Parce qu’il n’y a pas de réel enjeu. La rédemption heureuse de Steve, esquissée dans un montage quasiment emprunté à l’action movie (le classique de la scène d’entraînement qui fait avancer l’action) n’est qu’un leurre. Parce que Dolan est trop fasciné par la beauté pour faire un drame social sombre. Alors que son sujet est bien là.
Mommy est un film rare. Soit. Mais je me demande sérieusement si Dolan n’aurait pas maintenant intérêt à trouver un binôme scénariste avec lequel il se sente à l’aise et qui lui permette de se concentrer sur sa valeur ajoutée, la réalisation (dans le moindre détail) et la direction d’acteurs.
La minute sériephile : comme je l’ai dit, j’aime bien Xavier Dolan. Je pense simplement qu’il n’a pas encore fait son plus grand film. Et j’aime bien Anne Dorval, parce que je suis un fan du Cœur a ses raisons. Et bien par la magie des internets, je peux reconcilier les deux, avec cet épisode de la nouvelle série de Marc Labrèche, les Bobos, avec Anne Dorval, et Xavier Dolan dans un caméo qui fait montre d'une autodérision attachante que je ne lui soupçonnais pas. Le monde est bien fait : https://www.youtube.com/watch?v=2iIWFWpvmd4
La minute geek : quelque chose m’a frappé dans ce film. C’est le décalage entre le futur, puisque l’intrigue se passe expressément dans le futur, et la totale absence de smartphones. Je suppose qu’il s’agit d’une volonté de mettre les personnages dans un champ social isolé, pour mieux souligner la force de leurs rapports. C’est pourtant d’autant plus étonnant que dans ses Amours imaginaires, Dolan avait fait preuve d’un rapport amusé à la technologie et d’un œil rare pour le détail auquel une génération s’identifie immédiatement.

mardi 25 février 2014

Un crocodile du Botswanga aux dents émoussées





Le genre : le Dictateur 2.0, plus de vannes mais moins de poésie.

L’occasion faisant le larron, je suis allé voir le Crocodile du Botswanga, ne serait-ce que pour qu'on ne puisse pas dire que je rejette en bloc toute comédie française par pur snobisme. Je n’irai pas d’ailleurs jusqu’à dire comme ce couple de vieux bobos entendus dans la file de sortie que « c’est tellement nul que je ne dirai à personne que je suis allé le voir ».De quoi parle-t-on ici ? Le voyage d’un espoir du foot français dans le pays d’origine de sa mère, accompagné par son agent, les met face à la folie du dictateur du pays, le capitaine Bobo Babimbi.

Je reste dans l’ensemble sur ma position, à savoir que la comédie à la française est un produit très standardisé, qui manque encore de quelque chose, certainement une ambition. Dans le cas qui m’intéresse ici, je ne peux cela dit pas dire que j’ai détesté, ce serait mentir. Le film est assez bien rythmé et, si tout n’est évidemment pas drôle, les situations et dialogues font mouche la plupart du temps. Quelques répétitions de gags inutiles, des blagues graveleux pas forcément de très bon goût font partie du lot, mais rien de franchement rédhibitoire.

Sur le jeu, peut-être une petite faiblesse, en revanche, dans l’égalité des rôles. L’écriture s’y prête évidemment, mais si Fabrice Eboué est sympa dans son rôle, il joue strictement le même personnage que d’habitude sans sortir de sa composition. La partition donne évidemment les deux meilleurs rôles de composition à Thomas N’Gijol et Claudia Tagbo, le dictateur dérisoire et son épouse "maman Jacqueline", tous les deux très drôles.

A vrai dire, dans sa satire, le film ne manque d’ailleurs pas de finesse. En faisant de Babimbi un dictateur essentiellement intéréssé par l’argent, voire une marionnette d’intérêt autres, le film suggère que la réalité n’est jamais exactement celle que l’on voit. Dénonciateur des tournées de propagande pour journalistes et de la présentation de la réalité dans un environnement ultra-contrôlé, le crocodile ne dit qu’une chose, que les massacres et épurations ethniques en Afrique ne sont que les prétextes de la volonté de certains de s’accaparer les ressources. 

La scène où le dictateur déroule les étapes d’un projet clairement nazi d’épuration, en commençant par le port « d’oreille jaunes », participe par exemple de cette logique de dénonciation d’une vision simpliste de l’Afrique comme un continent en retard de développement car trop occupé à ses conflits tribaux (je pourrais dire d’un « continent qui n’est pas rentré dans l’histoire », pour faire de la polémique à trois sous). En filigrane se dessinent des conflits d'argent, que des hommes sans scrupules dissimulent, au gré de leurs besoins, derrière des conflits ethniques.

 Je trouve d’ailleurs dommage que le propos sur la Françafrique soit, lui, centré sur le personnage physiquement répugnant du représentant de Total, Etienne Chicot remarquable de notabilité beauf, personnage trop caricatural: regret de l’Algérie française, ton graveleux, paternalisme… Son nom évoquera Foccart, l’homme de l’ombre, mais cette caricature utilise un trait trop gros, et c’est dommage.

Sur le reste, les personnages fonctionnent, mais le film manque de quelque chose. Son happy end où personne ne meurt laisse penser qu’Eboué n’a pas voulu être trop noir. C’est précisément ce qui l'affaiblit. Le film refuse ce sens du « résistible » d'Arturo Ui, cette acceptation que certains hommes sont des monstres. Ou plus exactement cette notion que chacun est guidé par « sa » vérité, aussi monstrueuse soit-elle, que « le plus terrible dans ce monde, c’est que tout monde a ses raisons » comme Renoir en prévenait le spectateur  dans la Grande Illusion.

C'est ce versant plus noir de la comédie qui lui donne sa résonance en l’ancrant dans le réel, quand la comédie veut aborder des sujets qui sortent de son champ. Sur la thématique des dictatures africaines, je pense ici évidemment aux œuvres de Khourouma, notamment En attendant le vote des bêtes sauvages. Le sujet que veut aborder le film, tout en donnant largement lieu à une comédie noire et féroce, méritait un traitement plus subtil qui accepte de flirter avec les extrêmes de ses personnages: plus bouffon et outrancier pour dénoncer les errements, mais sans la rédemption de l'agent, par exemple.

Bref, on ne peut pas tout avoir, mais je suis loin d’être aussi sceptique que  je ne l’imaginais. Pas forcément indispensable à voir au ciné, mais pas désagréable.

La minute sériephile : restez pour le générique de fin, qui parodie furieusement le générique de série des 70's 80's. Claudia Tagbo est aussi l'inoubliable inspecteur qui accompagne la police scientifique dans l’hilarante tentative de copier-coller les Experts en France, RIS. A voir ne serait-ce qu’une fois pour rigoler devant les dialogues de l’espace et les montages absurdes. Comme quoi, on dira ce qu’on voudra, mais si les Experts marchent, c’est quand même en partie lié au traitement esthétique de la série (du moins de Vegas et Miami, et au début). Ce filtre qui annonce clairement la fiction offre une marge créative manquant clairement à RIS, une série cruellement premier degré.

La minute geek : pas grand-chose à vous dire ici.